Observance

 

 

1 - La dépression et le cerveau

La transmission des sentiments, pensées, perceptions et émotions entre les cellules du cerveau (les neurones) se réalise par les molécules appelées neuromédiateurs. Ces messagers permettent aux neurones de communiquer entre eux. Parmi les messagers, il y a la noradrénaline, la sérotonine et la dopamine.

Quand on est déprimé, on constate plusieurs perturbations biologiques, notamment une sur ces messages qui ne sont plus produits de manière habituelle. Il en résulte un manque de transmission de ces messagers d'une cellule à l'autre dans le cerveau.

De façon schématique, ce déficit en messagers va conduire à une dysfonction de l’axe du stress, appelé hypothalamo-hypophysio-surrénalien (HPA), qui va produire trop de cortisol (plus communément connue sous le nom "d'hormone du stress"). Et cet excès de cortisol, cette hyperactivité de l'axe du stress, va être neurotoxique, c’est-à dire qu'elle agira comme un poison sur le système nerveux.

Une des régions du cerveau la plus affectée sera l’hippocampe, subissant une perte neuronale importante. Or cette région cérébrale est très importante car elle est impliquée entre autre dans les processus de mémorisation.

Par ailleurs, les régions situées sur l’avant du cerveau comme le cortex préfrontal ventrolatéral (CPFVL) vont être aussi être touchées par cet excès de cortisol. Donc comme le cortex préfrontal ventrolatéral dysfonctionne, les régions limbiques (qui sont impliquées dans les émotions) n’ont plus aucun frein et fonctionnent trop : ce qui fait que les émotions sont trop importantes et mal contrôlées.

Et tout ceci conduit a des conséquences de natures différentes.

  • Soit on assiste à un ralentissement du cerveau entrainant des symptômes tels que une baisse de l'énergie vitale, des troubles de l'attention et de la concentration, la difficulté à faire des choix.
  • Soit on observe une accélération d'une partie de l'activité du cerveau se traduisant pas de l'angoisse, de l'insomnie, des ruminations, l'activation en chaine d'idées négatives.

Ce sont les symptômes de la dépression.

2 - Traitement et évolution

Les antidépresseurs vont avoir pour rôle de limiter ce "dérèglement neurologique" en intervenants sur les phénomènes que nous venons d'évoquer. Ils sont responsables d'une véritable cascades de phénomènes biochimiques ayant pour objectif d'aboutir à un renouvellement des connexions entre les neurones.

Ces remaniements prennent cependant du temps. En effet lors de la mise en place d'un traitement antidépresseur, il faut attendre en général 1 à 2 semaines pour percevoir les premiers signes d'amélioration des symptômes liés à la dépression. Une rémission de la maladie est obtenue en générale en 6-12 semaines. Cependant, même si on se sent mieux il est nécessaire de maintenir le traitement 6 mois à 1 an, c'est la phase dite de "consolidation" indispensable pour prévenir les rechutes.

 
 
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3 - Dépression et rechutes

La maladie dépressive peut être constituée de plusieurs épisodes dépressifs successifs dont l'apparition est d'autant plus probable si la prise de traitement n'est pas suivie de manière assidue. Au fur et à mesure des rechutes dépressives, le risque de faire une nouvelle rechute augment, et le délai jusqu'à une éventuelle nouvelle rechute se raccourcit. Les rechutes deviennent plus nombreuses et plus fréquentes.

C'est pour cette raison que Mental Apps insiste au travers des notifications sur l'importance d'être rigoureux dans l'observance des traitements antidépresseurs. Si vous observez des effets secondaires dont vous soupçonnez que votre traitement en est responsable, n'arrêtez pas d'un seul coup mais prenez rendez vous avec votre psychiatre pour en discuter !