Utilité des biais cognitifs

 

Cette fiche reprend plus en détails les éléments abordés dans la fiche intitulé "biais cognitifs".

A quoi servent les biais ?


1 - Répondre à la surcharge d’informations


Il existe trop d’informations dans le monde, on doit en filtrer la quasi totalité. Notre cerveau utilise quelques trucs simples pour choisir les bouts d’informations qui sont les plus susceptibles de finir par être utiles.

  • Nous nous rappelons des choses qui sont souvent répétées.

Exemple du biais de vérité illusoire : Des informations sont plus véridiques lorsqu’elles ont été présentées antérieurement.

  • Les choses frappantes sont mieux retenues.

Effet de l’humour : La mémoire est meilleure pour un matériel humoristique.

  • On remarque lorsque quelque chose a changé.

Effet d’ancrage : Difficulté de se départir d’une première impression.

  • Nous sommes attirés par les détails qui confirment nos propres croyances existantes.

Biais de confirmation : privilégie les informations confirmant ses idée préconçues ou accorder moins de poids aux hypothèses en défaveur de ses conceptions.

  • Nous remarquons plus facilement les failles chez les autres que chez nous mêmes.

Réalisme naïf : penser que le monde extérieur est exactement comme la perception nous le représente.


2 – Le manque de sens


Une fois que le flot réduit d’informations nous est parvenu, nous comblons les blancs pour mettre du sens sur nos modèles mentaux du monde.

  • Nous voyons des histoires et des motifs même dans des données éparses.

Exemple du biais illusion des séries: Tendance à percevoir à tort des coïncidences dans des données du hasard.

  • Nous faisons des stéréotypes, généralités chaque fois que nous tombons sur un nouvel élément ou qu’il existe des trous dans les informations.

Exemple du biais d'erreur fondamentale d’attribution: accorder une importance disproportionnée à certaines caractéristiques indépendamment de facteurs externes ou situationnels.

  • Imaginer que les gens que nous aimons sont meilleurs que ceux avec qui nous ne sommes pas familiers.

Effet de halo : Interprétation et perception sélective d’informations allant dans le sens d’une information que l’on cherche à confirmer.

  • Nous simplifions les nombres et les probabilités afin de rendre plus simple le fait d’y penser.

Biais du survivant : Cela signifie que nous tenons uniquement compte des histoires de personnes ayant connu la réussite – plutôt par hasard. Nous espérons pouvoir connaître la même réussite à condition que nous copiions leur comportement et leurs décisions.

  • Nous pensons que nous savons ce que les autres savent

Illusion de transparence : L’illusion de transparence consiste à penser que les autres lisent davantage nos états internes que ce que l’on montre réellement.

  • Nous projetons notre état d’esprit et nos postulats actuels sur le passé et le futur.

Biais rétrospectif : mécanisme de déni du hasard dans lequel tout événement doit pouvoir se justifier afin d’être le plus prévisible possible, sa fonction étant dès lors de conforter les individus dans leur sentiment de contrôler l'incertitude


3 – Le besoin d’agir vite


Nous travaillons à chaque fois que survient une nouvelle information, à modifier notre point de vue du monde.

  • Nous devons avoir confiance dans notre capacité à sentir que ce que nous faisons est important

Biais d’excès de confiance : exemple évaluation de sa conduite cité précédemment.

  • Nous favorisons ce qui nous est immédiat (au détriment de ce qui est plus lointain)

Actualisation hyperbolique : les individus préfèrent en général recevoir une récompense instantanée plutôt que d’avoir à attendre une récompense avec une remise supplémentaire.

  • Pour obtenir des résultats, nous somme plus motivés pour finir les choses dans lesquelles nous avons déjà investi du temps et de l’énergie

Escalade d’engagement, escalade irrationnelle

  • Pour minimiser nos erreurs, nous sommes motivés dans le sens de préservation de notre autonomie.

Psychologie inversée : consiste à tenir un discours à l’encontre de ce que l’on souhaite en faite suggérer.

  • Nous favorisons les options qui nous paraissent simples aux options plus complexes ou ambiguës.

Biais d’ambiguïté : consiste à éviter les options dont nous ne disposons pas assez d’informations.


4 – Comment savoir de quoi on doit se rappeler plus tard


Nous ne pouvons nous permettre que de nous occuper des morceaux qui sont les susceptibles de nous être utiles dans le futur et nous devons constamment faire des compromis et des paris en ce qui concerne ce dont nous allons nous rappeler ou oublier.

  • Nous modifions et renforçons certains souvenirs après les faits

Faux souvenir : se réfère à un souvenir pour un événement entièrement nouveau qui est un événement ou un épisode spécifique de l’événement qui n’a jamais été expérimenté par un individu, dans toute sa vie, mais néanmoins résidant bel et bien dans la mémoire de l’individu

  • Nous écartons les spécificités pour préférer les généralités

Exemple des préjugés

  • Nous réduisons les événements et listes à leurs éléments-clés.
  • Nous stockons les souvenirs différemment selon la façon dont nous avons vécu l’expérience.

Par exemple, le souvenir d'une expérience désagréable, voire douloureuse (un examen médical, un divorce, etc...), risque d'influer notre choix à venir afin de renouveler une telle expérience. Et inversement, un souvenir agréable (une rencontre, un sport, etc...) nous incitera à revivre ce type d’événement